Monday, March 02, 2009
De l'habeas corpus
Durant les rafles et les procès politiques subséquents dont furent victimes les communistes égyptiens au temps de Nasser, Louis Awad, intellectuel et critique littéraire réputé, fut soumis à une traditionnelle séance de bastonnade en guise de bienvenue au centre de détention (ironiquement, les communistes à cette période des débuts des années 60, supportaient Nasser et sa politique perçue comme des balbutiements d’un socialisme non-scientifique, et nombre d’entre eux criaient lors des séances de tortures ‘’vive Nasser!’’; mais le pouvoir désirait et exigeait (chose qu’il a finalement obtenu non sans l’aide de l’URSS) qu’ils dissolvent leurs structures respectives et intègrent la structure nassérienne centrale de ‘’l’Union Socialiste’’). Rejoignant ses camarades de cellules en piteux état (habits en haillons, lunettes cassées, etc.), Awad eut en entrant ce commentaire subliminal : ‘’eh bien, j’ai su aujourd’hui qu’en Égypte il n’y a aucun respect pour l'habeas corpus..!’’ Inutile de préciser que malgré leurs malheurs et le respect qu'ils avaient pour l'un de leurs leaders, ses camarades éclatèrent tous de rires..
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