À mes patients lecteurs, je souhaites une joyeuse fin d'année et une nouvelle année porteuse de plus d'espoirs et d'optimisme. Assez rare pour ne pas être relevé, cette fin d'année coïncide avec Aid a-Aldha. Pour les musulman d'entre vous, je vous souhaite un joyeux Aid. Selon les affinités, je vous recommande de n'abuser ni de Champagne ni de Boulfaf.
Si vous êtes, par ailleurs, assez maso pour passer cette fin d'année un livre entre les mains, je me permets de vous recommander mes deux livres de chevet pour ces dernières semaines.
Actualité oblige, "Qu'est ce que le Shi'isme" de Christian Jambert et Mohamed-Ali Amir-Moezzi est un livre qui se fixe pour dessein de "vulgariser" de façon objective la deuxième- en nombre de fidéles- doctrine de l'Islam. Si je ne suis qu'un néophyte en la matière et que je ne peux juger de l'objectivité de l'oeuvre, je noterais que la réputation de Jambert et l'origine iranienne du co-auteur pourraient épargner à ce livre l'étiquette de travail orientaliste tel que l'on a tant décrié. Si je cherchais une vulgarisation sommaire de que c'est le shi'isme les auteurs sont heureusement allés au delà de cette aspiration présentant l'évolution historique et théologique de la doctrine shi'ite depuis l'avènement du premier Imam Ali jusqu'à la consécration de l'école rationaliste qui culmina avec la révolution de Khomeyni. La conclusion, très suggérée par les auteurs, que je tire de ce travail et de mon premier contact avec la doctrine Shiîte, c'est que , paradoxalement, c'est l'effort de rationalisation des théologiens shi'ites orphelins du dernier Imam, qui a transformé la doctrine shi'ite d'une "religion" individuelle, initiatique voire ésotérique vers une doctrine aux bases juridiques avec une prééminence d'un clergé qui ne trouve aucune base dans les traditions initiales et un abandon par ce même clergé du quiétisme traditionnel pour une prise de position politique consacrée par la prise de pouvoir dans le plus grand État Chi'ite. Si l'on peut s'interroger sur l'influence du christianisme tel que institutionnalisé par Saint-paul sur cette évolution ou sur les bienfaits ou méfaits de cette même évolution, il demeure que la question, à la lumière de la situation politique de la région, continue à secouer le microcosme chi'ite qui nous est tant inconnu. Je noterais aussi l'emphase que le livre, en terme d'entrée en matière, met sur l'apport de la philosophie Chi'ite dans la philosophie islamique en commençant par les traditions des Imams, en passant par les écrits d'Al-Farabi et Ibn-Sina, ceux Ismaéliens et d'Ikhwane Assafa en terminant avec des philosophes contemporains Chi'ites ou d'influence Chi'ites tels Ali Chariati ou Mohamed Iqbal.
Bref, aussi intéressant, ce livre pose plus de questions qu'il en apporte de réponse.
Toujours concernant la rationalité avec laquelle je dois décidément avoir des problèmes ces derniers jours, le second que je vous propose et que je n'ai pas encore commencer est une critique acerbe de la rationalité occidentale. Écrit par John Saul, philosophe et essayiste canadien, "les bâtards de voltaires" me fut révélé grâce à des travaux sur la prise de décision et l'efficacité de l'approche rationnelle dans notre monde contemporain. Pour l'anecdote, et pour vous révéler combien l'auteur tient en mépris la rationalité telle que prophétisée en occident, je dus assister à une conférence donnée par l'auteur. Après près d'une demi-heure de retard et s'impatientant de l'absence de l'auteur, les organisateurs lui téléphonèrent et nous apprirent par la suite qu'il ne viendrait pas car il croyait que la date de la conférence était le même jour mais un mois plus tard! Autant vous dire que la conférence n'a jamais eu lieu..
Quant au livre, j'en parlerais probablement si j'arrive à bout de ses quelques 650 pages, contrairement à "l' homme sans qualités" que j'avoue honteusement avoir laissé tomber au milieu du premier tome...
Si vous êtes, par ailleurs, assez maso pour passer cette fin d'année un livre entre les mains, je me permets de vous recommander mes deux livres de chevet pour ces dernières semaines.
Actualité oblige, "Qu'est ce que le Shi'isme" de Christian Jambert et Mohamed-Ali Amir-Moezzi est un livre qui se fixe pour dessein de "vulgariser" de façon objective la deuxième- en nombre de fidéles- doctrine de l'Islam. Si je ne suis qu'un néophyte en la matière et que je ne peux juger de l'objectivité de l'oeuvre, je noterais que la réputation de Jambert et l'origine iranienne du co-auteur pourraient épargner à ce livre l'étiquette de travail orientaliste tel que l'on a tant décrié. Si je cherchais une vulgarisation sommaire de que c'est le shi'isme les auteurs sont heureusement allés au delà de cette aspiration présentant l'évolution historique et théologique de la doctrine shi'ite depuis l'avènement du premier Imam Ali jusqu'à la consécration de l'école rationaliste qui culmina avec la révolution de Khomeyni. La conclusion, très suggérée par les auteurs, que je tire de ce travail et de mon premier contact avec la doctrine Shiîte, c'est que , paradoxalement, c'est l'effort de rationalisation des théologiens shi'ites orphelins du dernier Imam, qui a transformé la doctrine shi'ite d'une "religion" individuelle, initiatique voire ésotérique vers une doctrine aux bases juridiques avec une prééminence d'un clergé qui ne trouve aucune base dans les traditions initiales et un abandon par ce même clergé du quiétisme traditionnel pour une prise de position politique consacrée par la prise de pouvoir dans le plus grand État Chi'ite. Si l'on peut s'interroger sur l'influence du christianisme tel que institutionnalisé par Saint-paul sur cette évolution ou sur les bienfaits ou méfaits de cette même évolution, il demeure que la question, à la lumière de la situation politique de la région, continue à secouer le microcosme chi'ite qui nous est tant inconnu. Je noterais aussi l'emphase que le livre, en terme d'entrée en matière, met sur l'apport de la philosophie Chi'ite dans la philosophie islamique en commençant par les traditions des Imams, en passant par les écrits d'Al-Farabi et Ibn-Sina, ceux Ismaéliens et d'Ikhwane Assafa en terminant avec des philosophes contemporains Chi'ites ou d'influence Chi'ites tels Ali Chariati ou Mohamed Iqbal.
Bref, aussi intéressant, ce livre pose plus de questions qu'il en apporte de réponse.
Toujours concernant la rationalité avec laquelle je dois décidément avoir des problèmes ces derniers jours, le second que je vous propose et que je n'ai pas encore commencer est une critique acerbe de la rationalité occidentale. Écrit par John Saul, philosophe et essayiste canadien, "les bâtards de voltaires" me fut révélé grâce à des travaux sur la prise de décision et l'efficacité de l'approche rationnelle dans notre monde contemporain. Pour l'anecdote, et pour vous révéler combien l'auteur tient en mépris la rationalité telle que prophétisée en occident, je dus assister à une conférence donnée par l'auteur. Après près d'une demi-heure de retard et s'impatientant de l'absence de l'auteur, les organisateurs lui téléphonèrent et nous apprirent par la suite qu'il ne viendrait pas car il croyait que la date de la conférence était le même jour mais un mois plus tard! Autant vous dire que la conférence n'a jamais eu lieu..
Quant au livre, j'en parlerais probablement si j'arrive à bout de ses quelques 650 pages, contrairement à "l' homme sans qualités" que j'avoue honteusement avoir laissé tomber au milieu du premier tome...
6 commentaires:
Meilleurs voeux aussi! Sinon, sur le chhisme, il me semble qu'il y a le bouquin de Yann Richard, ainsi que, concernant la philosophie et théologie chiites, Henry Corbin.
Sur Musil, j'ai hier serré la main à quelqu'un - Ayoub - qui a lu le premier tome - est-ce que ça compte? Aux musilophiles frustrés, je peux sinon recommander "Les désarrois de l'élève Törless", qui contient une des rares phrases de prose que j'ai retenu: "Soudain, en levant les yeux au ciel, je me rendis compte combien il était profond".
Pour Saul, c'est marrant, je viens cet après-midi de récupérér "Les bâtards de Voltaire" dans la bibliothèque de mon père en me disant que j'allais le feuilleter - mon père l'a abandonné après 30 pages disant que c'était illisible. Décidément, tout est illisibilité...
Henry Corbin fut, effectivement très cité par les auteurs. Néanmoins, sa théorie sur l'impossibilité de voir triompher le clergé chiîte en Iran fut infirmée 2 années après sa mort. Je tenterais d'avoir accès à son livre même si ma bibliothéque de quartier est farouchement francophile et les livres traitant de l'Islam y sent assez rares..
A Ayoub je ne peux que dire bravo. l'oeuvre de Musil est très dense et il m'a paru que si je devais y consacrer les quelques minutes avant le sommeil je ne pigerais pas grand chose et ça me prendrait des mois pour en venir à bout. J'ai honteusement laissé tomber..
Pour les prévisions, tout le monde ne peut pas être Emmanuel Todd...
Bonne année aussi, de mon côté ça sera boulfaf, champagne et qq autres trucs qu'il ne fait pas bon de nommer en public.
L’une des conséquences graves de la guerre contre l’Irak c’est que les divisions entre chiites sunnites sont ravivées. Beaucoup ne mesure pas encore la gravité de cette conséquence, dans les prochaines années je suis sûr que cela ira de pire en pire et qu’on verra des tensions incroyables entre les deux tendances de l’islam. J’ai pu déjà m’en apercevoir sur certains forums marocains ou la question ne se posait pas il y a une année et maintenant il est redevenue brûlante.
Bonne année 2007 abmoul et mabrouk l’aid. J’espère que cette année sera moins dur en termes d’actualité internationale.
moul, envoie-moi stp un e-mail à mon adresse perso: cetericenseo at hotmail point com .Merci
Post a Comment